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1979. Olga Carlisle dévoile l’univers dangereux des dissidents soviétiques et la personnalité complexe d’Alexandre Soljenitsyne. Elle raconte les réseaux clandestins, les risques encourus par les écrivains opposants au régime, et les conditions dans lesquelles circulaient leurs manuscrits interdits. Un témoignage rare sur la vie intellectuelle de Moscou sous surveillance, écrit par une proche du cercle des dissidents.
Ce qui est fascinant, c’est que même après l’expulsion de Soljenitsyne en 1974, la peur était encore telle que certains dissidents préféraient rester invisibles. Le livre porte donc la trace directe de cette clandestinité : il est écrit comme un témoignage qui protège encore des vivants.
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Description :
Broché. Couverture illustrée. Tranches et papier jaunis. Très bon état général. 255 pages.
Thème :
Un témoignage direct sur Soljenitsyne et le monde clandestin des dissidents soviétiques.
Auteur :
Olga Carlisle : petite‑fille du peintre Léon Bakst, a grandi dans un milieu artistique et intellectuel. Elle fut l’une des premières à aider à faire sortir clandestinement d’URSS des manuscrits de Soljenitsyne. Elle a joué un rôle discret mais essentiel dans la diffusion internationale de L’Archipel du Goulag.
Lorsque Soljenitsyne fut expulsé d’URSS en 1974, Olga Carlisle fut l’une des premières personnes qu’il accepta de rencontrer en Occident. Elle raconte qu’il arriva épuisé, méfiant, presque silencieux, mais qu’il se détendit brusquement en voyant… un exemplaire de L’Archipel du Goulag en français posé sur une table. Il le prit dans ses mains, le feuilleta longuement, puis dit simplement : « Alors… il vit. »
Pour lui, voir son œuvre imprimée librement en Occident était la preuve que le travail clandestin, les risques, les copies secrètes et les complicités — dont celles d’Olga Carlisle — n’avaient pas été vains.
Cette scène, très forte, montre à quel point Carlisle n’était pas seulement une observatrice : elle faisait partie de ceux qui ont permis à Soljenitsyne d’exister publiquement.
Sa façon d’écrire :
Olga Carlisle écrit comme une témoin engagée : style clair, direct, sans emphase, précision documentaire, sens du récit, capacité à rendre palpables la peur, la clandestinité et la tension politique. Elle mêle mémoire personnelle et analyse historique, ce qui donne un ton très vivant.
Le livre :
Lorsque Olga Carlisle préparait ce livre, plusieurs dissidents encore en URSS lui ont demandé de ne pas citer leurs noms, même des années après les faits. Elle raconte qu’elle avait rédigé un premier manuscrit beaucoup plus précis, avec des dates, des lieux, des identités… mais qu’elle a dû réécrire entièrement plusieurs chapitres après avoir reçu des messages codés lui signalant que certaines personnes étaient encore surveillées par le KGB.
Elle a donc volontairement laissé des zones floues, des initiales, ou des descriptions anonymisées pour ne pas mettre en danger ceux qui avaient aidé Soljenitsyne.
Olga Carlisle raconte que certains manuscrits circulaient sur des feuilles si fines qu’on pouvait les cacher dans une poche ou les coudre dans une doublure de manteau — seule manière d’échapper au KGB.
Alexandre Soljenitsyne :
Lorsqu’il écrivait L’Archipel du Goulag, Soljenitsyne ne prenait jamais de notes sur papier, par peur qu’elles soient découvertes par le KGB. Il avait mis au point une méthode incroyable : il mémorisait des chapitres entiers grâce à un système de vers codés, comme le faisaient autrefois les prisonniers politiques russes.
Chaque vers contenait un mot‑clé, et chaque mot‑clé renvoyait à une idée, un témoignage ou un épisode. Ainsi, même si la police perquisitionnait son appartement — ce qui arrivait régulièrement —, rien n’était écrit nulle part.
Il disait : « Ce que je n’écris pas, on ne peut pas me le voler. » Cette technique lui permit de conserver des milliers de pages de témoignages… dans sa tête, jusqu’au moment où il put enfin les mettre par écrit en sécurité.
Ce que ce livre peut apporter :
Une compréhension intime de Soljenitsyne, loin des clichés. Un aperçu rare du fonctionnement des cercles dissidents à Moscou. Un éclairage sur la censure, la surveillance et les risques encourus par les écrivains soviétiques. Un document précieux pour comprendre la littérature de résistance.
Éditeur :
Alain Moreau : éditeur indépendant actif dans les années 1970‑80, il publiait des ouvrages engagés, souvent liés à l’histoire contemporaine, aux témoignages politiques ou aux sujets sensibles. Plusieurs de ses titres furent refusés par de grands éditeurs avant d’être publiés chez lui.
Mots‑clés pour ce livre :
Soljenitsyne, dissidence soviétique, URSS, Olga Carlisle, littérature clandestine, KGB, censure, Moscou, témoignage, années 1970, Éditions Alain Moreau, écrivains dissidents.
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Dernière mise à jour de la fiche : juin 2026.