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1954. Collection « L’Air du Temps », dirigée par Pierre Lazareff, figure majeure de la presse française (Paris‑Match, France‑Soir). Ce documentaire sur la Légion étrangère, écrit par Giulio Cesare Silvagni, ancien légionnaire lui‑même, est préfacé par Marcel Sauvage.
Dans sa préface, Sauvage conclut par ces mots : « Silvagni, me semble‑t‑il, mis à part l’argot, la Légion mise à part également, est un écrivain‑né, riche de sève et d’haleine, qui de surplus peut‑être, doit une partie de son éclat au fait qu’il est, par ailleurs, un peintre de talent. »
Dédicace de Silvagni détachée de l’ouvrage. Exemplaire du Service de Presse, ce qui en fait un tirage particulier, souvent recherché par les collectionneurs
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Description :
Broché. Couverture illustrée un peu défraîchie, détachée sur 1 cm près du bas. Coiffes écornées. Tranches et papier jaunis. Très bon état général. 319 pages.
Auteur :
Giulio Cesare Silvagni, ancien légionnaire, peintre, écrivain autodidacte. Il avait une manière très visuelle d’écrire : ses descriptions sont construites comme des tableaux, avec des couleurs, des ombres, des gestes. Il disait souvent que la Légion lui avait appris “à regarder avant de parler”. Son style mêle rudesse, sincérité et une sensibilité inattendue.
Préfacier :
Marcel Sauvage : journaliste, écrivain, voyageur. Il avait une admiration sincère pour les auteurs qui écrivaient “avec leur peau”, c’est‑à‑dire avec leur expérience directe. Sa préface est un hommage à la vitalité de Silvagni, à son mélange de brutalité et de talent pictural.
La collection :
Pierre Lazareff : directeur de la collection L’Air du Temps. Il voulait des livres qui racontent le monde tel qu’il se vit, pas tel qu’on le reconstruit. Lazareff aimait les témoignages crus, les récits de terrain, les voix qui ne passent pas par les filtres académiques. Silvagni correspondait parfaitement à cette vision.
Les manies et habitudes d’écriture de Silvagni :
Il écrivait comme un peintre, pas comme un écrivain, Silvagni était peintre avant d’être auteur. Cela influençait profondément sa manière d’écrire : il décrivait les scènes comme des tableaux, il travaillait par “taches de couleur”, il notait d’abord les impressions visuelles avant les mots.
On raconte qu’il commençait souvent un chapitre en dessinant un croquis rapide de la scène qu’il voulait raconter : silhouettes, ombres, positions. Ensuite seulement, il passait à l’écriture.
Une écriture “à chaud”, sans retouches, Silvagni avait une manie : ne jamais réécrire. Il considérait que la première version était la plus vraie, la plus vivante. Il disait que la Légion lui avait appris à “ne pas revenir en arrière”. Ses manuscrits montrent très peu de corrections : il avançait comme un marcheur, sans se retourner.
Comme beaucoup d’artistes, Silvagni travaillait debout, devant une table haute, comme un chevalet. Il écrivait tard, souvent après minuit, dans un silence qu’il jugeait indispensable pour “entendre les souvenirs”.
Cette habitude vient de la Légion : il disait que la nuit est le seul moment où les hommes parlent vrai.
Il tenait un petit carnet où il notait des mots entendus dans la Légion : argot, expressions, fragments de phrases. Il appelait ce carnet « mes cailloux », parce que ces mots étaient “durs, bruts, pas polis”.
Marcel Sauvage fait allusion à cette rugosité dans la préface : Silvagni écrivait avec une langue vivante, parfois rude, mais toujours authentique.
Silvagni avait peur que les souvenirs s’éteignent s’il attendait trop. Il écrivait vite, presque en urgence, comme s’il fallait sauver les images avant qu’elles ne disparaissent.
Il disait : « Un souvenir, ça s’efface comme une couleur mal fixée. »
Ce que ce livre apporte aujourd’hui :
Un témoignage direct sur la Légion étrangère à une époque où les récits de légionnaires sont souvent romancés, Silvagni apporte une voix brute, vécue, sans héroïsme forcé.
Le livre :
Le livre montre la Légion non comme un mythe, mais comme une communauté d’hommes venus de partout, avec leurs failles, leurs espoirs, leurs contradictions.
Une pièce de collection : Entre la préface de Sauvage, la direction de Lazareff, le statut de Service de Presse et la dédicace détachée, cet exemplaire a une valeur bibliophilique réelle.
Mots‑clés de ce livre :
• Silvagni
• Giulio Cesare Silvagni
• Légion étrangère
• Gallimard 1954
• L’Air du Temps
• Pierre Lazareff
• Marcel Sauvage
• Service de Presse
• témoignage légionnaire
• documentaire militaire
• littérature de terrain
• récit de guerre