Moins cinq… Journal des temps qui courent, par Robert de Saint Jean, Éditions Grasset. 1977
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Moins cinq… Journal des temps qui courent, par Robert de Saint Jean, Éditions Grasset. 1977

23,00 €

1977. Ouvrage dédicacé par l’auteur. Ce journal couvre près de trois années, du 3 septembre 1973 au 27 avril 1976, période où Robert de Saint Jean observe la vie littéraire, artistique et politique avec une acuité remarquable. La table des matières révèle la richesse du volume : Cocteau revisité, les débuts d’Anouilh, Barrès entrevu, Claudel et Massignon, Montaigne, Pierre Gaxotte, Pascal et la société, Gide et l’autre, Cézanne le père, Flaubert dépecé, modernité de Bossuet, Marivaux 75, Picasso fusillé, Mozart et le marchandUn journal où se croisent portraits, souvenirs, réflexions, rencontres, et une manière très personnelle de lire les écrivains et les artistes.

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Description :

Broché. Couverture légèrement défraîchie. Taches de rousseur sur la tranche du haut. Très bon état général. 319 pages.

Auteur :

Robert de Saint Jean (1901–1987) fut journaliste, chroniqueur, écrivain et témoin privilégié de la vie littéraire française du XXᵉ siècle. Proche de nombreux écrivains, il a fréquenté les milieux littéraires, artistiques et politiques, observant avec finesse les personnalités, les idées, les courants et les tensions de son époque. Son écriture est vive, précise, souvent ironique, toujours élégante. Dans Moins cinq…, il mêle souvenirs, portraits, confidences, lectures, rencontres et réflexions, offrant un regard intime sur les figures majeures de la littérature et de l’art.

L’écriture :

Comme beaucoup de chroniqueurs, Robert de Saint Jean écrivait tôt, avant que la journée ne s’encombre de rendez‑vous, de lectures ou de conversations. Il disait que le matin était le seul moment où la pensée « n’a pas encore été contaminée par le monde ».

Il avait gardé de ses années de presse une discipline de fer : écrire chaque jour, noter ce qu’il voit, consigner ce qu’il entend, fixer les impressions avant qu’elles ne se dissipent. Ses journaux sont construits comme des instantanés, des prises de notes vivantes.

Robert de Saint Jean écrivait d’abord à la main, dans des carnets souples, souvent sur des pages déjà annotées. Il aimait la sensation du papier, la vitesse du stylo, la possibilité de raturer, de revenir, d’entourer un mot. Le manuscrit était pour lui un espace de liberté que la machine à écrire ne lui donnait pas.

Manies, habitudes d’écriture :

Noter immédiatement les phrases des autres. Il avait la manie de noter les mots, les formules, les petites phrases entendues dans les salons, les cafés, les conversations littéraires. Il disait que « les écrivains se révèlent dans ce qu’ils disent quand ils ne pensent pas à écrire ».

Revenir sans cesse sur les portraits. Un portrait n’était jamais fini pour lui. Il pouvait reprendre une page plusieurs mois plus tard, ajouter une nuance, une anecdote, une contradiction. Il aimait les êtres complexes, et ses journaux reflètent cette obsession du détail.

Une manie très révélatrice : il rangeait ses notes par noms propres. Cocteau, Barrès, Claudel, Gide, Cézanne, Flaubert… Chaque nom était un dossier vivant, alimenté au fil des années.

Superstitions d’écriture :

Ne jamais écrire après une mauvaise rencontre. Il croyait que les mauvaises conversations « gâtent la phrase ». Si une discussion l’avait contrarié, il n’écrivait pas le soir même.

Un rituel discret : relire une page avant de quitter la maison. Il disait que cela « porte chance au texte ».

Éviter les dates symboliques. Il n’aimait pas commencer un journal ou un chapitre un jour chargé de sens : anniversaires, fêtes religieuses, dates politiques. Il trouvait que cela « impose une couleur au texte ».

Superstition très littéraire : Il gardait toujours une phrase « en attente », non écrite, pour le lendemain. Il disait que cela empêchait la page de « se refermer ».

Forces de ce journal :

Un témoignage direct sur la vie littéraire des années 1970. Des portraits vivants : Cocteau, Anouilh, Barrès, Claudel, Gide, Cézanne, Flaubert, Bossuet, Marivaux, Picasso… Une écriture élégante, à la fois journalistique et littéraire. Un regard personnel, souvent incisif, parfois tendre, toujours lucide. Un document historique sur les idées, les débats, les sensibilités de l’époque. Une dédicace de l’auteur, qui ajoute une dimension affective et bibliophilique.

Ce que ce livre apporte au lecteur :

Ce journal est une plongée dans la vie intellectuelle française des années 1970. Robert de Saint Jean y révèle les coulisses de la littérature, les conversations, les souvenirs, les jugements, les enthousiasmes et les agacements qui font la vie d’un écrivain et d’un chroniqueur. Le lecteur y découvre des portraits d’une grande finesse, des réflexions sur les œuvres, des anecdotes inédites, et une manière très personnelle de revisiter les grands auteurs. C’est un livre qui éclaire autant qu’il charme, un journal où l’on circule entre les époques, les idées et les figures majeures de la culture française.

Mots‑clés de ce livre :

Robert de Saint Jean

Moins cinq Journal des temps qui courent

Grasset 1977

Journal littéraire

Dédicace auteur

Vie littéraire française

Cocteau

Anouilh

Barrès

Claudel

Gide

Cézanne

Flaubert

Picasso

Essai littéraire

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Dernière mise à jour de la fiche : juillet 2026.

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