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1963. En frontispice une œuvre de Jean Chièze, graveur sur bois, peintre et écrivain français. Dans sa préface l’auteur écrit avec nostalgie : « Un monde se défait que j’ai connu, un monde d’avant 1914, quand les hommes avaient de la bonhomie, de la naïveté et l’amour de leur travail. » Le vin, gibiers à poil, oiseaux mangeurs d’insectes, de vers et de grains, de la truite à la petite friture, bêtes de boucherie, délectables cochons, regards sur la basse-cour, des champignons, légumes dons de la terre, fromages, confitures, alcools de fruits… En fin d’ouvrage, une liste des nombreuses recettes : corbeau farci, graton de Chabret, merles rôtis, bécasse à la broche, boudin à la saint Victor, bouillon de grenouilles, fromage au vin, pouytrolle de Joyeuse… Ouvrage dédicacé par l’auteur.
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Description :
Broché, couverture illustrée légèrement défraîchie avec de petites taches pales. Très bon état général. 391 pages.
Thème :
Un hymne savoureux aux odeurs, aux saveurs et aux gestes d’autrefois : Charles Forot ressuscite un monde rural disparu, fait de bonhomie, de travail bien fait et de cuisine vraie.
Auteur :
Charles Forot (1890–1979) fut un écrivain, imprimeur, éditeur et animateur culturel ardéchois, fondateur de la célèbre Maison des Arts et des Lettres de Saint‑Félicien. Son œuvre est profondément marquée par : l’amour du pays ardéchois, la mémoire des gestes ruraux, la célébration des saveurs anciennes, une écriture sensorielle, pleine d’odeurs, de couleurs, de voix, une nostalgie assumée pour un monde disparu.
Forot écrit comme on raconte : avec chaleur, précision, humour, et un sens aigu du détail vécu.
Forot est frappé très jeune par une tuberculose osseuse (mal de Pott) qui l’immobilise trois années à 17 ans, puis à nouveau trois ans en 1913. Cette immobilité forcée devient paradoxalement le berceau de son œuvre : il lit, il écrit, il rêve de poésie et de livres. Il dira plus tard qu’il a dû « se tailler un domaine intellectuel » pour survivre à l’immobilité.
Pendant ses années d’alitement, il se constitue une bibliothèque personnelle considérable, qu’il appelle son « trésor de papier ». Il classe ses livres avec une minutie extrême, notant les dates, les provenances, les dédicaces — une manie qu’il conservera toute sa vie.
Sa maison familiale de Saint‑Félicien, appelée Le Pigeonnier, devient dès 1920 un centre culturel majeur de l’Ardèche. Forot y fonde les Éditions du Pigeonnier, un mouvement littéraire et artistique régionaliste d’une ampleur exceptionnelle.
Un interlocuteur parisien lui dit un jour : « Qui ira se faire éditer à Saint‑Félicien ? » Forot répond : « Ceux qui aiment les beaux livres. » Et il avait raison : plus de 200 ouvrages sortiront de sa maison, souvent recherchés aujourd’hui.
Paul Valéry lui rend hommage : « Rien ne me semble plus sympathique, plus sage, plus digne d’envie que le mode de vivre et de produire que s’est fait dans son Vivarais Charles Forot. »
Il refuse les manuscrits qu’il juge « brouillons » ou « tapageurs ». Il exige une qualité matérielle irréprochable : beaux papiers, belles gravures, typographie soignée. Il corrige lui‑même les épreuves, parfois jusqu’à l’obsession.
Il est élu à l’Académie du Vivarais en 1933, cercle littéraire local très actif. Il y organise des lectures, des soirées poétiques, des expositions.
Le gastronome passionné :
Forot est un fin gastronome, passionné de cuisine régionale. Son ouvrage Odeurs de forêt et fumets de table est l’un de ses derniers livres, consacré aux saveurs du Forez et du Vivarais. Il y mêle souvenirs, recettes, anecdotes, portraits de chasseurs, de cuisinières, de paysans.
Il collectionne les recettes manuscrites des vieilles familles ardéchoises. Certaines recettes du livre proviennent de cahiers de cuisine du XIXᵉ siècle qu’il avait sauvés d’un grenier promis au feu.
L’imprimerie Volle de Privas :
Un imprimeur régional réputé, l’imprimerie Volle (Privas, Ardèche) était l’un des imprimeurs les plus solides et respectés de la région dans les années 1950–1960. Elle imprimait : des ouvrages régionaux, des monographies, des livres d’histoire locale, des textes littéraires ardéchois.
Forot, très exigeant sur la beauté matérielle des livres, ne travaillait qu’avec des imprimeurs capables de : respecter la typographie, imprimer sur de beaux papiers, reproduire correctement les gravures (comme celles de Jean Chièze), livrer des ouvrages solides.
Le choix de Volle pour Odeurs de forêt et fumets de table indique une confiance réelle dans leur savoir‑faire.
Ce que le livre apporte aux lecteurs d’aujourd’hui :
Même en 2026, ce livre est un petit trésor : Mémoire du monde rural, Forot restitue les gestes, les saveurs, les odeurs d’une France disparue. Cuisine ancienne : recettes rares, parfois étonnantes, souvent introuvables ailleurs. Anthropologie gourmande : comment on mangeait, chassait, cuisinait, conservait. Écriture sensorielle : un plaisir de lecture, presque une promenade dans les bois et les cuisines d’autrefois. Valeur documentaire : témoignage précieux sur les pratiques culinaires et rurales du début du XXᵉ siècle. Dimension bibliophilique : dédicace, frontispice de Jean Chièze, édition régionale.
Un livre idéal pour : les amateurs de terroir, les passionnés de cuisine ancienne, les collectionneurs d’ouvrages régionaux, les lecteurs sensibles aux mémoires rurales.
Les recettes :
Des recettes introuvables ailleurs : corbeau farci, merles rôtis, bouillon de grenouilles, pouytrolle de Joyeuse… Une cuisine audacieuse, rustique, savoureuse, qui ressuscite les tables ardéchoises d’avant 1914. Table de matière des recettes de 6 pages en fin de volume :
Beignets de tête de veau, Corbeau farci, Fromage au vin, Merles rôtis, Pouytrolle de Joyeuse…
Un mot sur la “Pouytrolle de Joyeuse” :
La Pouytrolle de Joyeuse est l’un de ces plats dont le nom seul ouvre une porte sur un monde disparu : un mot rond, rustique, presque drôle, qui sent la cuisine paysanne, les grandes tablées, les recettes transmises à voix basse dans les fermes du Vivarais.
Le terme “pouytrolle” — typiquement ardéchois — désigne une préparation de charcuterie ou de viande mêlée, souvent roulée, parfois farcie, toujours généreuse. La version dite “de Joyeuse” renvoie à la petite ville ardéchoise du même nom, réputée pour ses traditions culinaires et ses recettes anciennes, souvent très locales, parfois secrètes.
C’est un plat qui évoque : la cuisine de fête, les saveurs franches, les odeurs de cochonnailles, les mélanges rustiques que l’on ne rencontre plus guère, et cette manière ardéchoise de cuisiner “à la bonne franquette”, mais avec un vrai savoir-faire.
Dans un livre comme celui de Forot, la Pouytrolle de Joyeuse n’est pas seulement une recette : c’est un morceau de folklore culinaire, un clin d’œil à une époque où chaque village avait ses spécialités, ses mots, ses secrets de cuisine.
Mots‑clés pour ce livre :
• Charles Forot
• Odeurs de forêt
• Cuisine ancienne
• Terroir ardéchois
• Jean Chièze
• Recettes traditionnelles
• Gibier
• Champignons
• Cuisine rurale
• Mémoire culinaire
• Imprimerie Volle Privas
• Livre dédicacé
• 1963
• Gastronomie régionale
• Folklore culinaire
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Dernière mise à jour de la fiche : juillet 2026.