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1930. Sur la couverture est imprimé : Mercure de France, sur la page de titre : Éditions Prométhée.
Évocations littéraires est un ouvrage où Gabriel Brunet convoque les grandes voix de la tradition française : Madame de Sévigné, Bossuet, Paul‑Louis Courier, Sainte‑Beuve, Renan, et quelques autres figures majeures de la prose et de la pensée. La préface est signée André Bellessort, académicien, critique littéraire, et grande figure du Mercure de France.
Le livre est un ensemble de portraits, de réflexions, de rapprochements, où Brunet fait revivre ces auteurs en les éclairant par leur style, leur tempérament, leurs obsessions. En fin d’ouvrage, une lettre sur la critique apporte une touche personnelle : Brunet y défend une critique vivante, sensible, attentive à la musique des textes.
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Description :
Broché. Dos avec une petite étiquette de prix. Taches de rousseur sur la tranche du haut. Papier et tranches jaunis. Non coupé. Un marque‑page d’époque (années 1960–1970) est offert avec cet exemplaire. Très bon état général. 314 pages.
Thème :
Un voyage dans la grande prose française, guidé par un lecteur qui sait écouter les voix du passé.
Auteur :
Gabriel Brunet racontait qu’il avait commencé ce livre en relisant Madame de Sévigné « pour se reposer ». Il ajoutait ensuite : « Je me suis reposé si longtemps que j’ai fini par écrire un livre. » Une manière charmante de dire que la fréquentation des classiques peut mener à tout, même à un ouvrage de 300 pages.
Gabriel Brunet avait la réputation d’être un lecteur infatigable… mais aussi d’un humour discret. On raconte qu’un jour, un ami lui demanda pourquoi il passait tant de temps à relire les classiques plutôt qu’à découvrir les nouveautés. Brunet répondit, avec son calme habituel : « Les morts ne me déçoivent jamais. Les vivants, c’est plus risqué. »
Cette petite phrase, mi‑taquine mi‑philosophique, résume parfaitement son tempérament : un homme profondément attaché à la tradition littéraire, convaincu que les grandes voix du passé restent les plus sûres compagnies.
Elle éclaire aussi l’esprit d’Évocations littéraires : un livre où Brunet converse avec Sévigné, Bossuet, Courier, Sainte‑Beuve ou Renan comme avec des amis fidèles.
Préfacier :
André Bellessort (1866‑1942) fut l’une des grandes figures du Mercure de France, critique littéraire respecté, voyageur infatigable et styliste d’une grande finesse. Membre de l’Académie française à partir de 1935, il incarnait cette génération de lettrés pour qui la critique était un art de précision, de mesure et de sensibilité.
Bellessort avait une manière très personnelle de lire les auteurs : il cherchait la voix derrière le texte, la respiration, le tempérament. Sa préface à Évocations littéraires donne au livre une autorité discrète, une élégance classique, et situe Brunet dans la lignée des critiques attentifs à la musique de la prose française.
Il disait souvent que : « La critique n’est pas un jugement, mais une conversation avec les morts. » Une phrase qui convient parfaitement à ce livre de portraits littéraires
Points forts du livre :
Portraits vivants de grands auteurs français. Préface d’André Bellessort, figure du Mercure de France. Une écriture claire, sensible, très “troisième République”. Une lettre finale sur la critique, fine et intelligente. Un exemplaire non coupé, rare et recherché. Un livre qui parle de style, de voix, de tradition.
Ce qu’apporte ce livre aujourd’hui :
1. Une manière vivante de lire les classiques :
Brunet ne fait pas de la critique sèche : il fait revivre les auteurs. Il montre que Sévigné, Bossuet ou Sainte‑Beuve ne sont pas des statues, mais des voix, des tempéraments, des styles.
2. Une leçon de lecture :
Sa manière de lire — attentive, sensible, musicale — est une leçon de critique littéraire encore valable aujourd’hui. Il rappelle que comprendre un auteur, c’est écouter sa phrase.
3. Une plongée dans la culture littéraire française :
Le livre est un panorama de la grande prose française, vu par un lecteur de 1930. Il éclaire la manière dont la Troisième République lisait ses classiques.
4. Une réflexion sur la critique :
La lettre finale sur la critique est étonnamment moderne : Brunet y défend une critique humaine, non dogmatique, fondée sur la sensibilité et la fidélité au texte.
5. Un livre qui parle de style :
Pour les lecteurs d’aujourd’hui, c’est un ouvrage qui apprend à sentir un style, à reconnaître une voix, à comprendre ce qui fait la singularité d’un auteur.
Personnages évoqués dans le livre :
Gabriel Brunet consacre des évocations à :
- Madame de Sévigné — la vivacité, la conversation, la lettre comme art.
- Bossuet — la puissance oratoire, la phrase architecturale.
- Paul‑Louis Courier — l’ironie, la liberté, la verve.
- Sainte‑Beuve — le critique, le portraitiste, l’homme des nuances.
- Ernest Renan — la pensée claire, la prose méditative.
Et d’autres figures apparaissent en filigrane : La Bruyère, Fénelon, Chateaubriand, les moralistes, les grands prosateurs du XVIIᵉ et XIXᵉ siècles.
L’originalité du livre :
- Un livre de portraits littéraires, mais écrits comme des rencontres.
Brunet ne fait pas une étude académique : il évoque. Il parle des auteurs comme de personnes qu’il aurait croisées, dont il aurait entendu la voix, dont il aurait senti la manière de penser.
- Une critique sensible, presque narrative.
Chaque chapitre est une petite scène : un geste, une phrase, une attitude, un trait de caractère. Brunet lit les auteurs comme on lit des personnages.
- Un regard de 1930 sur la tradition française.
Le livre montre comment un lecteur de l’entre‑deux‑guerres percevait les classiques : avec respect, mais aussi avec une liberté d’esprit très moderne.
- Une lettre finale qui donne la clé du livre.
La réflexion sur la critique est un manifeste discret : Brunet défend une critique vivante, humaine, non dogmatique, fondée sur la musique des textes.
- Un ouvrage qui fait aimer la prose française.
C’est un livre qui donne envie de relire Sévigné, Bossuet, Courier, Sainte‑Beuve… Il transmet un amour de la langue qui reste très actuel.
Mots‑clés de ce livre :
Gabriel Brunet, Évocations littéraires, Mercure de France, Éditions Prométhée, 1930, Portraits littéraires, Madame de Sévigné, Bossuet Paul‑Louis Courier, Sainte‑Beuve, Renan.
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La Vie littéraire au XVIIIe.
Dernière mise à jour de la fiche : août 2026.